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Au centre des grandes zones touristiques des Alpes du Nord et au carrefour des 2 Savoie, COHENNOZ se situe dans le Val d’Arly, en Savoie et fait partie du canton d’Ugine.
 
Devenue paroisse indépendante d’Héry/Ugine en 1766, COHENNOZ est déclarée commune indépendante d’Héry/Ugine en 1799.
 
Orienté Nord Est, Sud Ouest, le territoire de COHENNOZ s’appuie contre le Massif du Beaufortain, et fait face au Massif des Aravis. Le climat est de type montagnard rude, l’enneigement abondant, les vents forts, les températures moyennes assez basses, la pluviosité importante.
 
COHENNOZ fait partie de la Communauté de Communes du VAL D’ARLY, du Syndicat Arlysère et du SIVU SCOT Arlysère, ainsi que du SITOM des Pays du Mont-Blanc pour ce qui concerne le traitement des ordures ménagères.
 
Elle fait partie avec sa voisine Crest-Voland, du domaine skiable de CREST-VOLAND COHENNOZ, lui même relié à la Station des Saisies et à l’Espace Diamant, un des plus beaux domaines skiables d’Europe.
 
La superficie de COHENNOZ est de 1378 hectares. Le point le plus haut est à 1935 m (le Mont Bisanne), le point le plus bas à 600 m (rivière de l’Arly), et le chef-lieu à 935 m.
 
La commune de COHENNOZ a la particularité d’être divisée en 3 pôles très distincts : le hameau du Cernix avec son domaine skiable, ses 3000 lits touristiques et les 90% de la population sédentaire, le hameau des Panissats comportant quelques maisons secondaires mêlées à l’habitat traditionnel, et le chef-lieu avec son village typique et traditionnel, préservé de toute empreinte fortement touristique.
Entre le secteur Le Cernix/Les Panissats et Le Village/Chef-Lieu, le célèbre ruisseau « Nant Cortet », bien connu dans la région par les dégâts qu’il occasionnait régulièrement sur la voie communale, et parfois jusqu’à la rivière « Arly ».
 
La population est passée par un maximum de 460 habitants en 1822 et par un minimum de 82 habitants en 1965. Depuis cette date, la courbe s'est redressée pour atteindre 156 habitants au dernier recensement avec une moyenne d’âge relativement jeune
 
Le tourisme reste le 1er secteur d’activité, suivi par le commerce, l’artisanat (principalement le bâtiment ou le bois) et l’agriculture, bien qu’à une époque encore très récente (1950-1960), la presque totalité de la population en vivait. Quelques emplois sont permanents mais la plupart sont saisonniers, d’où une forte pluriactivité.
 
Le territoire comporte 853 hectares de bois et forêt de résineux pour seulement 365 hectares de terres, prés et pâturages. Avec 681 hectares, la Commune de Cohennoz possède près de la moitié de son territoire.
Sur ces 681 hectares, une magnifique forêt de 549 hectares, composée de 70 % d’épicéas, 20 % de sapins et 10 % de hêtres, est affectée principalement à la protection du milieu physique (tenue des sols, régularisation du régime des eaux, stabilisation du manteau neigeux), à la production de bois d’œuvre et de bois de chauffage, tout en assurant la protection générale des paysages.
 
La configuration géographique de ce versant dont la pente moyenne est de 60 %, et dont la pluviométrie se situe aux alentours de 2 m d’eau par an dont la moitié sous forme de neige,
fait d’éboulement sur lequel la forêt peut constituer un manteau protecteur ou un risque supplémentaire d’instabilité selon la gestion appliquée, nous conduit a apporter une attention soutenue à la sauvegarde de ce patrimoine.
 
Par ailleurs, la partie sommitale de cette forêt comprend une magnifique tourbière qui a été classée dans l’inventaire Natura 2000. Cohennoz est très attachée à la préservation de ce patrimoine et est d’ores et déjà engagée dans des actions de restauration soutenue par la DIREN.
 
La ressource économique tirée de l’exploitation du bois s’intègre en permanence dans notre gestion, et force à une prise en considération des risques naturels liés à notre situation géographique (glissement de terrain, chutes de pierres, avalanches...) et à la forte présence d’eau (captage, ruisseaux, torrents, marécages..
 
La prévention des risques est notre priorité absolue puisque les infrastructures routières communales et la RD 1212 des Gorges de l’Arly sont sous la menace directe de ces phénomènes d’érosion.
 
Dans le secteur du Nant Cortet, torrent tumultueux et capricieux qui emportait tout sur son passage lors de forts orages ou fonte des neiges, de gros travaux de construction de barrages radiers et de drainage ont été réalisé an 2000 avec le concours du RTM, dans le but d’essayer de canaliser ce phénomène géologique de grande ampleur, qui nous l’espérons sera suffisamment efficace dans le temps. En 2003/2004, nous avons également sécurisé le passage d’entrée du village qui menaçait de s’écrouler sur la chaussée, par une purge de la roche et pose de grillages. Ce rétablissement de la seule voie de liaison entre le chef-lieu et ses hameaux permet d’envisager un programme municipal de redynamisation du village comprenant la rénovation complète du musée en 2004, et la future rénovation d’un gite communal avec le concours de l’ONF, qui sera le point de départ du circuit Retrouvance du Val d’Arly, destiné à valoriser ce territoire par un programme de randonnées pédestres accompagnées, hors toute vision de remontées mécaniques, avec haltes dans les différents gîtes (Cohennoz, Ugine, St Nicolas la Chapelle, Flumet et la Giettaz),.
 
C’est dans ce contexte de gestion des risques liés aux écoulements d’eau dans le versant et de protection d’un patrimoine naturel remarquable que nous avons accepté, en octobre 2002, de participer au projet LIFE visant à promouvoir les techniques de gestion forestière qui concourent à une amélioration de la gestion globale de l’eau et à développer l’intérêt et la connaissance du public pour ces problèmes.
Le démarrage effectif du programme a eu lieu en octobre 2003 suite à l’accord de l’Union Européenne (100 dossiers retenus sur 500, le notre arrivant premier) et s’est terminé en 2007.
Les synergies entre les « acteurs de la forêt » et les « acteurs de l’eau » nous auront permis d’appréhender et traiter les divers problèmes qui nous souciaient, ce travail servant de référence nationale.
 
Des comités de pilotage ont assuré la cohérence des projets tout en favorisant leur ancrage local :
nau niveau national
nau niveau régional - une présidence tournante a été mise en place avec les organismes intercommunaux en charge des contrats de rivière et la Commune de Cohennoz
nau niveau local, regroupant les acteurs impliqués dans la problématique (élus, associations, techniciens et scientifiques)
 
Les opérations sur COHENNOZ s’inscrivent dans un ensemble d’actions européennes qui regroupe 4 sites en Rhône Alpes dont Cohennoz pour la Savoie, des sites en Suède et des actions au Royaume Unis.
 
Les 3 actions locales sont :
nla révision de l’aménagement de la forêt communale de Cohennoz pour en faire un modèle d’analyse et de choix de gestion prenant en compte de façon particulièrement aiguë tous les aspects liés à l’eau
ndes sessions de formation au martelage organisées par l’ONF, sur les deux martelodromes qui existent déjà sur le site, et qui seront utilisés par un public large, à l’attention de toute personne concernée par la gestion d’espaces forestiers comportant une problématique eau/stabilité des sols. (martelodrome ou école de martelage : dans une parcelle de bois située dans une zone stratégique (avec risque de glissement de terrain, forte pente, ruissellement d’eau, régénérescence…) des bois sur pieds sont numérotés. Les élèves doivent simuler un marquage de coupe de bois, en prenant en compte toutes ces données. Le travail est mis sur ordinateur, qui simule ensuite le résultat de cette coupe dans les 5, 10 ,15, 20 ans suivants)
nla création d’un sentier de découverte (« sentier des escargots ») centré sur la problématique EAU de ce bassin versant, afin d’ouvrir le site aux visiteurs et les aider à en découvrir les richesses
 
D’autre part, la Communauté de Communes du Val d’Arly, dont Cohennoz fait partie, travaille sur un contrat de rivière concernant entre autres l’Arly, avec le canton d’Ugine, la région d’Albertville, le Beaufortain et la Haute-Savoie.
 
Si aujourd’hui l’activité agricole est minime sur notre territoire, elle était la principale ressource des habitants, avec l’exploitation de la forêt, jusqu’à la construction des Aciéries d’Ugine et le tourisme.
L’exploitation du peu de terres agricoles était rendue très difficile par la topographie du territoire. Il existait beaucoup plus de fermes qu’à l’heure actuelle, beaucoup ayant disparues, ou destinées désormais à la résidence secondaire.
En 1780, selon un recueil des notes du curé de la paroisse, tous les foyers vivaient, plus ou moins bien, du produit de leur exploitation, élevant quelques bêtes pour le lait et la viande. Le peu de pâturage obligeait à privilégier l’élevage des chèvres et des moutons, mais ces animaux, mangeant principalement « la feuille », mettaient la forêt en péril. Quelques familles, propriétaires de petits prés de fauche, prenaient des bêtes en « hiverne », ce qui leur permettait d’avoir un petit revenu pour les autres denrées.
En 1927, on peut y lire : « Les gens de Cohennoz et des Panissats avaient d’immenses richesses en bois inexploitées et inexploitables à l’époque, et ils n’avaient pas de terres arables en qualité et en quantité suffisantes pour les nourrir.
Aujourd’hui(1927) – bien que le travail y soit beaucoup plus dur que partout ailleurs, car la déclivité des terrains atteint parfois 45%, une quantité de câbles descendent les bois qui sont ensuite transportés par camion sur les chantiers de l’industrie, qui elle-même, plus développée, à plus de besoin.
C’est donc la communication qui faisait la pauvreté des gens de Cohennoz, et si aujourd’hui l’aisance n’y est pas parfaite, c’est que les communications, bien que meilleures, ne le sont pas non plus.
Les gens mendiaient à côté de beaucoup de richesse qu’ils ne pouvaient pas utiliser à l’époque (le bois). »
Très vite, l’exploitation des terres agricoles a diminué au profit de l’exploitation du bois, et donc des plantations de résineux.
 
Il est à noter que l’on parle des habitants du chef-lieu et des Panissats. Le Cernix, bien que faisant partie de la même commune, faisait partie de la paroisse de Crest-Voland, et n’était donc pas pris en compte dans les notes du curé du chef-lieu.
Les habitants du Cernix rencontraient moins de difficultés pour l’exploitation de leurs terres, celles-ci étant beaucoup moins cernées par la forêt, et beaucoup plus accessibles par les voix de communication.
 
En 1962 : Le Syndicat Agricole de COHENNOZ est dissout. On compte cette année là, pour les hameaux du chef-lieu et des Panissats, 7 foyers ayant encore des vaches, dont 24 de plus de 6 mois, allant de 1 à 11 par foyer, contre 1 foyer avec 2 vaches de 1966 à 1982 environ.
Sur le secteur du Cernix, environ 6 fermes étaient encore en activité représentant une quarantaine de vaches.
 
En 1965, le premier téléski est construit au Cernix, suivit de 2 autres en 1979, et du télésiège en 1987.
Bien que le nombre de fermes en activités diminuent petit à petit, les terrains sont toujours très bien entretenus par le biais des alpagistes et des exploitants des remontées mécaniques, qui nettoient régulièrement le domaine skiable.
 
Concernant le chef-lieu et le hameau des Panissats, il n’en est pas de même. Bien que certains agriculteurs voisins de la commune mettent leurs bêtes en estive, et que les propriétaires fassent de gros efforts d’entretien et de nettoyage, la friche s’installe, la forêt avance et le paysage ouvert diminue très rapidement.
 
En 1987, un éleveur de Salon de Provence propose à la commune, qui accepte évidemment, un passage de 2000 moutons Mérinos, au printemps et à l’automne, sur ces 2 secteurs. Le berger passera ainsi toutes les années durant 17 ans, jusqu’à sa retraite en 2005.
 
Parallèlement, en 1998, un programme de lutte contre la déprise agricole, appelé aussi « opération locale agri-environnementale ou article 21 » est mis mise en place, sur l’ensemble des communes du Val d’Arly. Ce programme s’applique sur des zones où il existe un enjeu important et un début de déprise agricole (cadre de vie, paysage, risques naturels…)
 
Sur Cohennoz, c’est 40 ha environ qui ont été retenus dans le cadre de ce programme (1 300 hectares sur l’ensemble du canton)
Pour chaque enjeu correspondait un cahier des charges précis. En contrepartie du respect de ce cahier des charges, une aide financière était apportée. Elle variait de 600 à 1100 F l’hectare par an pendant 5 ans. (Fauche annuelle de la totalité de la parcelle et enlèvement du produit : 1 100 F – pâture contrôlée de la totalité de la parcelle avec élimination annuelle de l’ensemble des refus et repousses ligneuses sur coteaux de pente moyenne inférieure à 35 % : 600 F – Pâture controlée avec élimination annuelle des repousses ligneuses sur la totalité de la parcelle et des refus sur les parties mécanisables sur coteaux de pente moyenne supérieure à 35 % : 900 F)
Pour pouvoir émarger à ce programme, les conditions à remplir étaient les suivantes :
être affilié à la Mutualité Sociale Agricole à titre principal, secondaire ou avec cotisation de solidarité
ne pas bénéficier ni d’un avantage servi par un régime de base obligatoire de retraite ou de préretraite.
 
L’engagement sous forme de contrat a été d’une durée de 5 ans à compter de 2000. Les parcelles contractualisées pouvaient en cours de contrat être cédées à d’autres exploitants.
 
L’exploitant principal de ces parcelles a été le moutonnier.
Une trentaine de propriétaires représentant 85 parcelles sur le Grand Cohennoz, Village et Panissats (pas au Cernix), soit 26 ha 38 (superficies contractualisées) sur 52 ha (superficie totale des parcelles listées) La presque totalité des parcelles ont une pente estimée à + de 35 %
 
Il aurait fallu en plus de l’entretien de ces parcelles par les bêtes, faire des travaux de base conséquents estimés à 133 500 F pour 11 zones (pelle-araignée + débroussailleuse + pulvérisation de débroussaillant sur les souches) en plus des travaux devant être fait par les propriétaires après le passage des moutons.
Malgré les possibilités de subventions conséquentes par le Fond de Gestion de l’Espace Rural – FGER, ni la commune, ni les privés, n’ont déposés de dossier, et les travaux n’ont pas été faits.
 
Après l’annonce du départ du moutonnier, la question cruciale « comment allons nous faire » inquiétait tant la commune que les propriétaires privés. Il fallait trouver une solution, mais laquelle ??
 
En 2005 , dans le cadre de l’élaboration de son PLU la commune de COHENNOZ a demandé une étude agricole « poussée », dans le but de déterminer les zones d’enjeux forts, tant en matière de viabilité des exploitations, que du cadre de vie et du maintien des paysages, que de la faisabilité d’un entretien agricole durable par une activité agricole pérenne. La commune souhaitait savoir aussi, si la construction d’une « ferme communale » au chef-lieu ou Grand Cohennoz, pouvait apporter une solution à la déprise agricole.
 
En 2005, le territoire de la Commune se compose toujours de 2 entités géographiques assez distinctes :
- des surfaces mécanisables assez ouvertes qui se trouvent à proximité de la station du Cernix/commune de Crest-Voland et qui concentrent les enjeux agricoles
- de multiples surfaces en pentes, insérées dans la forêt, à proximité de chalets traditionnels, dont l’enjeu n’est pas lié à l’activité économique agricole, mais plutôt paysagé. Ces zones ont tendance à se fermer aujourd’hui malgré l’exploitation du moutonnier.
Cette étude a été menée par l’ASADAC et la Chambre d’agriculture en prenant en compte des critères précis (sociaux, fonciers, techniques, besoins des exploitants, utilisateurs agricoles, modes d’occupation agricole des sols, importance des terrains pour l’agriculture), et en collaboration avec les élus et les agriculteurs. A noter que COHENNOZ est classée en totalité en zone de montagne.
De cette étude, il est ressorti :
- d’une quinzaine de structures familiales utilisant chacune peu de surface dans les années 70, il ne reste plus qu’une seule exploitation agricole basée sur Cohennoz, et qui a atteint un niveau économique moyen en travaillant une douzaine d’hectares hors alpage.
En 1979, les exploitations n’avaient qu’un faible revenu économique, car structures familiales, utilisant essentiellement leur production pour de l’autoconsommation. Il y avait 6 personnes qui gardaient encore des vaches laitières, mais à elles 6, elles cumulaient seulement 17 vaches laitières. Les autres personnes recensées comme étant exploitants gardaient encore quelques têtes de bovins pour la viande, ou des chèvres.
- les 254 hectares de surfaces encore ouvertes aujourd’hui sur la commune servent de potentiel fourrager pour l’alimentation du bétail. Il ne s’agit que de surface en herbe, qui selon leur configuration plus ou moins pentue, sont fauchées ou servent d’espace de pâturages complémentaires.
Sur ces 254 hectares, 70 hectares sont déclarés en arrêté de biotope, et laissé à l’état naturel et ne sert pas aux usages agricoles. Sur les zones hors alpage, peu de surface encore utilisées présentent des conditions d’exploitation favorable (facilement fauchables).
Les quelques 180 hectares qui restent à disposition de l’économie agricole locale se répartissent dans les mains des 5 utilisateurs identifiés, exploitant chacun plus de 2 ha, donc considérés comme producteurs.
Il n’y a qu’un exploitant de Cohennoz (17 vaches laitières), les 4 autres vivent à l’extérieur (environ 25 vaches laitières chacune pour 3 d’entre elles, et un troupeau de 35 vaches laitières et 30 chèvres pour le 4ème, locataire des alpages communaux de Bisanne).
D’après ce bilan foncier, l’utilisation des zones en herbe de Cohennoz reste fondamentale pour les exploitations extérieures. Ceux de Crest-Voland (3) viennent en moyenne trouver 25 % de leurs ressources en foin sur Cohennoz. L’un d’entre eux fait même jusqu’à 40 % de sa récolte en foin sur la commune et doit en acheter encore.
La rentabilité économique moyenne d’un système en production bovin-lait, dans le Val d’Arly, est la suivante : un exploitant pourra vivre de sa production à partir d’un troupeau de 18 à 20 vaches laitières, avec utilisation d’une quinzaine d’hectares de prés de fauche non loin de son siège d’exploitation, pour nourrir le bétail hors période de pâturage. Des espaces de remue et les alpages complémentaires sont à compter en plus.
Aucun exploitant n’envisage de diminuer son potentiel productif, ni de baisser le nombre de bêtes composant le troupeau, ni de travailler moins de surface. Seuls les espaces pentus, servant jusqu’à présent au parcours des brebis transhumantes sont disponibles. Ces espaces ne sont pas rentables pour intéresser un éleveur bovin.
Ainsi, aucune surface de fauche ne devrait se libérer au cours des prochaines années, de la part des exploitations en fonction aujourd’hui. Il est donc fondamental de conserver le maximum de surfaces de fauche, mécanisables et accessibles par du matériel, et pour le transfert du bétail en alpage. C’est à ces conditions que l’économie locale ne sera pas mise en péril.
 
Etude complémentaire (réalisée par la Chambre d’Agriculture) sur les Zones hors Cernix (station de ski et zone à enjeu agricole important) Chef-lieu, Grand Cohennoz et Panissats
 
Le foncier : état des lieux de la qualité de l’entretien actuel et du potentiel agricole. D’une manière très globale, l’étude fait ressortir :
la présence de sols peu profonds, caillouteux, faiblement argileux, donc peu fertiles
une surface des prairies souvent accidentée, avec présence de nombreux cailloux, donc une difficulté à mécaniser des travaux d’entretien sans travaux préalables de remises en état
une nature des prairies de type «  pelouses maigres à graminées à feuilles fines » résultat entre autre de pratique de faible fertilisation depuis de nombreuses années : donc des prairies à faible rendement fourrager
une forte pente : 90 % de la surface a plus de 35 % de pente, et de nombreuses parcelles entre 50 % et 65 %
globalement pas de secteur avec un fort état d’enfrichement. Dans certains secteurs, l’addition pâture des moutons et travaux d’entretien des propriétaires ont permis de préserver des parcelles dans un bon état d’entretien (58 %), dans d’autres, l’unique pratique du pâturage laisse apparaître un début d’enfrichement (42 %). Il est à noter que l’étude fait ressortir l’état des parcelles aujourd’hui, mais ne prend pas en compte les surfaces qui étaient exploitées auparavant. La forêt a considérablement avancée sur les prés, et au dire des anciens, a gagné plus de la moitié des terres agricoles.
Une bonne accessibilité au parcellaire
Des îlots de faible surface, inférieurs à 3 ha et globalement dispersés
 
Dans une perspective d’un programme d’entretien, une carte de l’intérêt agricole des différents ilots, avec 3 classes :
intérêt agricole mais non mécanisable : parcelles ne demandant pas de remise en état, pente au-delà de 35% : 13.92 ha soit 49.5 %
intérêt agricole et mécanisable : surface avec pente homogène inférieure à 35 % : 2.8 ha soit 10 %
sans enjeu agricole. Parcelles le plus souvent en voie d’enfrichement, morcelées et de fortes pentes, mais avec cependant des enjeux « cadre de vie » ou « paysager » qui nécessitent de maintenir un entretien éventuel : 11.43 ha soit 40.5 %.
A noter que les quelques surfaces mécanisables concernent de petits ilots, en moyenne 0.5 ha, très dispersés sur l’ensemble du secteur étudié.
En conclusion de l’analyse, on peut dire des 28 ha recensés :
que le potentiel agricole est faible et qu’est recensé un cumul de critères négatifs
malgré ce contexte peu favorable, la présence du moutonnier et certainement la participation des propriétaires fonciers à l’entretien de leur parcelle a permis de limiter l’avancement de la friche de manière efficace
Qui est en mesure d’assurer un entretien agricole :
des agriculteurs voisins avec une utilisation « parc à génisses ou ovins ». Les quelques contacts pris ne sont pas favorables à cette solution. Le fait que les terrains soient dépourvus de PHAE est un élément qui pèse dans leur position.
Un agriculteur qui serait installé sur la commune (celui habitant au Cernix n’est pas intéressé)
Les propriétaires avec éventuellement un élevage de consommation familiale
Un couple agriculteur avec une intervention sous la seule forme pratique d’un pâturage et un travail d’entretien effectué par le propriétaire
La collectivité en totalité ou en travaux complémentaires après passage d’un agriculteur,
Le milieu associatif
 
Conclusion :
le milieu défavorable ne permet pas d’envisager sur le long terme la préservation d’une activité agricole fondée sur une rentabilité économique
 
Un entretien par l’agriculture de certains espaces à enjeu ne sera possible qu’avec un accompagnement financier ou de main d’œuvre. Si cette orientation devait être décidée, 2 types d’intervention seraient à examiner :
la ferme communale : nécessite un engagement fort de la commune, tant financier que de maitrise foncière (pour le bâtiment mais également pour la surface agricole) mais également en termes d’animation du projet. Un tel projet semble difficile pour Cohennoz, sauf s’il était motivé par une volonté de créer une attractivité du secteur avec une ferme ouverte au public…
La formule contrats d’entretien qui semble plus appropriée au secteur
 
 
Forts du résultat de cette étude, nous avons donc aménagé notre PLU, de façon à préserver les espaces agricoles à enjeu fort, principalement sur le hameau du Cernix.
Pour ce qui est des secteurs du Chef-lieu est des Panissats, et avons conservé les quelques parcelles ayant un petit intérêt en zone agricole, et déclassé les autres en zone naturelle, de façon à autoriser les rénovations et changement de destination des bâtiments, en espérant que les propriétaires puissent venir le plus souvent possible pour entretenir leurs propriétés.
Quelques agriculteurs voisins restent, ou sont revenus, mettre quelques bêtes en estive sur ces propriétés (génisses, ânes, chevaux)
 
En 2008, Pascal et Isabelle PAON ont pris contact avec la commune pour nous faire part de leur souhait d’installation à l’année sur la commune avec 100 brebis laitières et de fabriquer du fromage sur place. C’est évidemment avec un grand soulagement que nous les avons accueillis, d’autant plus que Pascal travaille aux remontées mécaniques du Cernix l’hiver, et Isabelle toute l’année à Ugine.
 
Nous avons de suite lancé un appel aux propriétaires afin de le faire savoir et recueillir le maximum de terrains à faire pâturer. Ce ne fût pas chose facile, car la peur de ne pas pouvoir récupérer un jour leur bien à freiner plus d’une personne. Nombreux sont d’accord verbalement, mais de là à signer une convention… Pascal et Isabelle ont tout de même tenté l’expérience, tout en gardant la possibilité de monter en été dans leur alpage au dessus de Seythenex.
 
Il n’a pas été facile de trouver un terrain à peu près plat et facilement accessible pour les installer. Finalement, la commune a mis à disposition un terrain à l’entrée du village, au départ de la route forestière des Chamocières, pour l’implantation de 2 tunnels : 1 pour les bêtes et 1 pour le fourrage et matériel. L’inconvénient est qu’il n’y a pas d’électricité, il faut donc un groupe électrogène, et pas de réseau d’eau, seulement un regard d’eaux de ruissellement mais qui peut être pompé.
Le couple a acheté une ancienne ferme au Village qu’ils ont rénové en habitation principale, et y aménager un local de fabrication ainsi qu’une cave d’affinement. Tous les fromages sont vendus d’avance aux alentours. Quant l’habitation sera terminée, il est prévu de les vendre aussi sur place.
 
Petit à petit, les propriétaires se décident à confier leurs terrains, mais peu acceptent de signer la fameuse convention qui permettrait au couple de prendre une décision définitive quant à rester toute l’année sur place. Nous espérons pouvoir y arriver. Je suis sûre que la passion et le travail sérieux de Pascal et Isabelle sauront les convaincre.